Actualités en chirurgie esthétique

Les candidats à la chirurgie esthétique sont-ils un peu fous?

5 novembre 2020

Un article récent paru dans une prestigieuse revue américaine tente d’analyser les traits de la personnalité, l’existence d’une anxiété, et l’importance de l’estime de soi chez 87 femmes dans une université mexicaine;

Cette étude a été conduite par des psychologues et des psychiatres sous la direction du docteur Del Aguila Flores, au Mexique, en utilisant les méthodes et les tests les plus modernes d’évaluation du psychisme;

L’idée générale était qu’une grande partie de la population qui a recours à la chirurgie esthétique possède des anomalies de la personnalité notamment sous la forme de TOC, ou bien de dysmorphophobie plus ou moins apparente.

De très nombreuses études précédentes mené par des psychologues des psychiatres avant une intervention de chirurgie esthétique, avaient d’ailleurs révélé que presque 10 % de la population qui s’adresse au chirurgien esthétique présente plus ou moins des anomalies de la personnalité; ce nombre extrêmement important n’est pas en soi inquiétant ou une contre-indication à la chirurgie dans la mesure où le taux de satisfaction finale des patients approche les 95 %;

Le caractère le plus redouté est le dysmorphic body disorder (BDD) il peut conduire au refus mental du résultat chirurgical avec parfois même une tendance à l’agressivité contre le chirurgien; chaque année plusieurs chirurgiens sont attaqués ou blessés par des patients mécontents à tort ou à raison!

Dans cet article dont nous parlons, la minutie les examinateurs a été extrême, car ils ont voulu établir une répartition des différentes typologies, ce qui confère un caractère très clair à leur étude;

  • Les différentes typologies envisagées et repérées ont été:
  • Les tendances paranoïdes, avec des patients très craintifs ou suspicieux
  • Les tendances schizoïdes, avec de grandes anomalies de l’humeur et des variations d’humeur, caractérisant des patients adeptes de la pensée magique
  • Les patients histrioniques, très extravertis, voulant se faire remarquer à tout prix
  • Les patients antisociaux, repliés sur eux-mêmes, irresponsables, insouciants du droit des autres
  • Les patients hyper narcissiques, manquant d’empathie, et voulant susciter l’admiration à toute occasion, pleins d’arrogance
  • Les patients impulsifs à la personnalité explosive
  • Les patients borderline difficiles à classer, très séduisants, mais avec un vide intérieur
  • Les patients perfectionnistes, à la ponctualité excessive, psychologiquement rigides, hyper travailleurs
  • Les patients hyper dépendants, au comportement soumis, et qui s’accrochent au médecin
  • Les patients hyper anxieux, socialement inhibés , présentant un sentiment d’infériorité

Comme on le voit cette typologie a le mérite d’être très large ,et d’explorer plusieurs types humains;

Les conclusions des auteurs sont étonnantes: ils ont retrouvé beaucoup moins de caractères psychopathologiques que ce qui était précédemment publié ou indiqué!

Les personnalités histrioniques ont été les moins fréquentes, et l’anxiété a été ce qui fut le plus retrouvé dans les questionnaires.

Tous les candidats à la chirurgie esthétique n’ont pas été diagnostiqué aussi fous qu’on le supposait…

Ce qu’on peut critiquer dans cet article le faible nombre de l’échantillon de personnes examinées: seulement 87 questionnaires ont été retenus, en majorité de sexe féminin; il s’agissait de candidats à la chirurgie esthétique et non pas d’un échantillon tout venant et non pas des individus pris au hasard;

Enfin ces auteurs n’insistent pas sur un risque très important que nous rencontrons dans notre activité quotidienne: le dépistage de patients paranoïaques qui peuvent dans des circonstances diverses passer à l’acte et devenir violents, voire même de mutiler ou d’assassiner le chirurgien…