Dernières opérations

Chirurgie génitale féminine

Nymphoplastie ou labiaplastie

Par le Dr Vladimir. Mitz

Quelles parties du corps sont concernées ?

La chirurgie des organes génitaux féminins s’adresse le plus souvent aux petites lèvres hypertrophiées, moins souvent au capuchon clitoridien obstructif, ou aux grandes lèvres flétries car vieillies; La diminution d’un vagin trop ample, ou l’infiltration d’un hypothétique point G mystérieux et difficile à localiser sont des demandes spécifiques que certains collègues acceptent de traiter.

Les labiaplasties ou nymphoplasties sont devenues une opération fréquemment pratiquées ces derniers temps ; il est difficile d’expliquer pourquoi cette demande, débutant dans les années 1970, est réapparue avec une telle fréquence !

La diminution et le rasage frénétique de la toison pubienne a fait apparaître plein cadre les organes génitaux féminins habituellement si bien dissimulés !

Paradoxalement, les hommes se font pousser la barbe de plus en plus longue et touffue…

Une des explications retenues est la relation avec les images pornographiques disséminées sur Internet ; une autre mentionne une prise de conscience nouvelle de la part des jeunes adolescentes ou de leurs aînées, préoccupées par une démarche esthétique et fonctionnelle(aspect dans un maillot de bain serré ou un string qui ne laisse rien ignorer ), prise de conscience qui est focalisée jusqu’à l’examen minutieux de l’aspect de leurs organes génitaux : autrefois très peu exposés, ils s’affichent très peu cachés sur les plages ou dans les clubs de gym…

Bien que les techniques de labiaplasties soient connues depuis fort longtemps, on assiste actuellement à un renouveau des ambitions techniques, en rapport avec une recherche d’un aspect plus esthétique et d’une meilleure fonction, avec le moins de complications possibles dans les suites postopératoires.
Actuellement se déroule un débat passionné : la nymphoplastie est-elle une mutilation mineure, apparentée à l’excision à condamner absolument, ou une demande de modification d’une disgrâce , d’une véritable réparation chirurgicale ?

Comment cela a-t-il commencé ?

Il semble que les premières interventions sur les petites lèvres datent de l’an 2 après JC: un certain Soranos d’Ephèse, cité par Erlich en 2007, l’aurait pratiqué…

Puis au 17è et 18 siècles, des chirurgiens auraient diminué les petites lèvres, et surtout brûlé les clitoris au fer rouge pour calmer des ardeurs coupables…Jusqu’au 19è siècle, le traitement génital concernait surtout les méga clitoris que présentaient certaines patientes ; on en excisait une partie, on brûlait le clitoris des supposées nymphomanes…

Même Marie Bonaparte, une élève de Sigmund Freud, aurait eu recours à une chirurgie génitale pour éprouver plus de jouissance, au début du 19è siècle!

Nombreux sont les auteurs qui se sont intéressés au sujet depuis les années 1970 ;

En France, c’est le Pr Paniel qui a lancé le développement de l’intérêt des gynéco-obstétriciens en faveur des nymphoplasties : son article publié en anglais en 2000 fait date !

(Rouzier R1, Louis-Sylvestre C, Paniel BJ, Haddad B.
Am J Obstet Gynecol. 2000 Jan; 182(1 Pt 1):35-40.
Hypertrophy of labia minora: experience with 163 réductions.)

Dans un article plus synthétique et récent (Chirurgie cosmétique de l’appareil génital féminin), P.Foldes et collaborateurs, décrivent bien le vaste domaine concerné par le sujet de la chirurgie des organes génitaux féminins:

· Capuchon clitoridien, trop recouvrant, ou mutilé, avec le clitoris excisé totalement ou partiellement

· Pubis saillant, gras, tombant, géant

· Grandes et petites lèvres, avec anomalies de forme, de taille, de proportions

· Hyménoplastie pour réfection de virginité, quelles qu’en soient les raisons

· Vagin trop ample après accouchement, déchiré, fistuleux, insensible, avec prolapsus

· Amplification du point G, maintenant vaguement localisé histologiquement sur la paroi postéro-supérieure

Au départ cette chirurgie apparait essentiellement du domaine de la gynécologie (Pr B.Paniel, années 1970)

Progressivement, les plasticiens s’y sont intéressés car ces opérations demandent un sens esthétique et de l’écoute qui entrent bien dans leur domaine intellectuel et manuel de compétence. La demande fonctionnelle n’est jamais secondaire mais peut facilement passer au second plan.

Tous les auteurs insistent sur la nécessité de l’écoute bienveillante qui est due à la patiente, et sur l’information bénéfice risque qui doit lui être délivrée.

Une des indications les plus délicates à poser concerne la réfection d’hymen : elle s’adresse à des patientes en demande de réfection de leur virginité ; les motivations personnelles, philosophiques, religieuses, familiales sont autant d’arguments à envisager : l’indication opératoire est donc très sujette à caution…

Un remarquable travail de synthèse sociologique a été effectué en 2011 par DINA BADER, à l’université de Genève, dans le département de sociologie. Elle précise les législations comparatives qui limitent la pratique des excisions rituelles en Europe, avec en miroir la pratique de chirurgie de confort qu’est la nymphoplastie à visée esthétique ;

Les différentes techniques possibles de réduction des petites lèvres

Une mise au point très récente concernant les techniques les plus usuelles de labiaplastie a été effectuée par le Dr L.Benadiba dans les Annales de Chirurgie Plastique Esthétique (Volume 55, Issue 2, Avril 2010, Pages 147-152-Nymphoplastie (labiaplasties) : chirurgie réparatrice ou esthétique ? Indications, techniques, résultats, complications) ;

Cet auteur expérimenté plaide pour une labiaplastie cunéiforme ; une autre technique différente mais s’en approchant est celle du Dr Smarrito (Lambda laser nymphoplasty: Retrospective study of 231 cases ; S Smarrito – Plastic and reconstructive Surgery, 2014)
 

 
Les américaine de la côte ouest plaident plutôt pour une résection importante des petites lèvres, allant vers l’aspect d’une fente glabre, appelée le « Barbie-look » à cause du désir de ressemblance à la fente génitale esquissée dans les poupées Barbie !!

Ainsi les différentes méthodes diffèrent-t-elles en fonction du dessin de la résection de la partie excédentaire des tissus examinés ;

On peut distinguer schématiquement :

1. La Résection longitudinale

2. La Résection longitudinale modulante ondulée

3. Les Résections mixtes

4. La Résection en V de Benadiba

5. La résection en lambda de Smarrito

6. la labiaplastie Barbie-look (La labiaplastie Barbie est une intervention particulièrement mutilante parce qu’elle enlève une quantité importante des petites lèvres génitales ; cette intervention est apparemment très demandée aux États-Unis notamment dans l’État de Californie où l’apparence idéale de la vulve présente un aspect où l’on devine à peine les petites lèvres.)

Ma technique opératoire préférée

Ma préférence va vers la résection modelante longitudinale ondulatoire ; en effet l’examen attentif des petites lèvres génitales montre qu’il existe fréquemment un aspect ondulé du bord libre ; parfois des excédents se remarquent en pointes, ou en aile de papillon, que l’on peut développer par l’application d’une pince qui saisit l’excédent sur la patiente endormie ; mais l’aspect onduleux, avec des variations subtiles d’une femme à l’autre, m’est apparu comme la forme habituelle de rebord externe des petites lèvres.

Dans ces conditions j’ai voulu adapter une technique dédiée à la recréation de cette anatomie délicate, ni rectiligne ni standardisée. Mon expérience est certes plus limitée que celle de la plupart des auteurs cités, mais les quelques cas que j’ai opéré selon ma méthode n’ont pas été insatisfaites.(fig 1à 5)

1. Infiltration lidocaïne adrénaline très diluée (1cc produit pour100cc sérum phy)

2. Tracé ondulant de l’excision, emportant éventuellement un coin plus grand de petite lèvre là où une saillie est visible)

3. Application de 2 pinces hémostatiques mais sans serrage trop brutal, en conservant une bande de petite lèvre longitudinale d’au moins 6 à 8mm, souvent plus (12 à 15mm)

4. Excision des tissus excédentaires

5. Sutures au Vicryl résorption rapide 4/0 derrière la pince en place « suture hémostatique »

6. Hémostase après libération de la pince active

7. Complément de suture en essayant d’être ondulatoire

8. Même technique de l’autre côté mais asymétrie constante

9. Nettoyage soigneux

10. Mise en place d’une colle chirurgicale

11. Pas de pansements

12. Douches recommandées en post op par pulvérisations

13. Antalgiques et soins désinfectants locaux

Les extensions chirurgicales de la labiaplastie

Certains auteurs rajoutent des gestes complémentaires à la labiaplastie elle-même :

· Diminutions du capuchon supra clitoridien

· Désenfouissement du clitoris trop petit ou victime d’une excision

· Remodelage des grandes lèvres ou regonflement par lipofillings

· Lipofillings des petites lèvres

· Puboplastie

Dans un article bien documenté, D.A.Medalie expose les gestes associés qu’il a dû pratiquer dans sa série de labiaplasties :
« A Retrospective Analysis of Elective Labia Minora Reduction with Regard to Operative Technique, Outcomes and Patient Demographics, Daniel A. Medalie, MD »

« Over the last five years the author has performed 118 labia minora reductions. The majority of these operations were performed in the last three years as the procedure has grown in popularity. The author currently performs 4-6 procedures per month. 13% were performed in combination with vaginoplasty to tighten the vaginal introitus. 24% were performed in combination with other surgeries such as bladder suspension (dual surgery with a urogynecologist), abdominoplasty and breast augmentation. Patient ages ranged from 16 to 57. Reasons given for undergoing the surgery included irritation or discomfort with activity or intercourse and embarrassment at the appearance of the labia. 100% of patients who responded to the questionnaire stated that they were happy that they had undergone surgery. »

Les complications recensées sont plutôt rares

On pourrait s’attendre à une vaste cohorte de complications locales ou simplement alléguées, tant la chirurgie intime peut-elle produire d’insatisfactions, désillusions et amers reproches envers l’opérateur, quelle que soit son expérience !

En fait, ces complications se limitent à 9 principales :

1. La nécrose locale : elle semble survenir après la méconnaissance des circuits vasculaires locaux, et une résection qui laisse des tissus dévascularisés, ce qui se rencontre plus fréquemment dans les résections cunéiformes ou en V ; moins souvent dans les résections longitudinales que je préfère personnellement pour ces raisons.

2. L’hémorragie post opératoire : liée à un vaisseau mal coagulé, l’hématome qui parfois ne s’extériorise pas mais crée une tuméfaction très douloureuse, doit être évacué sous anesthésie locale si sa taille dépasse celle d’une cerise.

3. Les désunions cicatricielles : elles paraissent plus fréquentes avec les résections atypiques, en V ou avec décalage des berges ; la cicatrisation dirigée fera mieux qu’une suture secondaire, complétée par une petite retouche sous anesthésie locale.

4. L’infection localisée avec le rejet de fils : rougeurs, chaleur, douleurs focales à traiter par des soins locaux et une pommade antibiotique

5. Un aspect non satisfaisant : petit problème sérieux, l’insatisfaction de l’apparence que certaines patientes manifestent en brandissant un miroir accusateur est plutôt difficile à traiter ; il faut d’abord entendre les plaintes, réfléchir à ce qu’elles impliquent, et trouver une solution de retouche adaptée.

6. Des irrégularités de contour avec saillies disgracieuses : cela peut provenir d’une cicatrisation aléatoire, ou d’un bourgeon charnu évolutif ; une petite excision complémentaire de régularisation sous anesthésie locale sera la bienvenue !

7. Des cicatrices douloureuses : liées à une mauvaise approximation des berges, une mauvaise technique de suture, des vices cicatriciels peuvent profondément altérer le vécu des patientes mal opérées ; une reprise chirurgicale et une réfection des sutures plan par plan sera la seule solution au problème.

8. Des douleurs aux rapports : attention ! Domaine dangereux ! En l’absence d’une cause évidente, tel un bourgeon charnu, ou une pointe muqueuse qui saille, ou un fil mal extériorisé, les causes des douleurs d’origine comportementale comportent une part de psychogenèse qu’il faudra bien se forcer à évaluer pour attester de la réalité des phénomènes douloureux allégués…

9. Une insensibilité gênante : la cause en est la section malencontreuse d’un filet sensitif ; la résection longitudinale, allant moins vers la racine des petites lèvres expose moins à cette complication.

Un bon article récent en français expose remarquablement différentes complications observées par une équipe hospitalière :

« Postoperative complications of labia minora reduction. Comparative study between wedge and edge resection].Ouar N, Guillier D, Moris V, Revol M, Francois C, Cristofari S.Ann Chir Plast Esthet. 2017 Jun;62(3) »(Transcription partielle de l’article)

« Méthode

Les nymphoplasties de réduction primaire réalisées dans notre centre entre octobre 2009 et juillet 2016 ont été rétrospectivement recensées. Deux techniques différentes ont été pratiquées par deux opérateurs : la technique de résection longitudinale marginale et la résection cunéiforme. Le critère de jugement principal était la survenue de désunion et sa quantité : supérieure à 50 % (subtotale ou totale) et inférieure à 50 % (partielle). Les patientes étaient systématiquement revues et examinées à 1 semaine, 1 mois et 6 mois postopératoires. L’analyse des données entre les deux groupes a été effectuée avec le test exact de Fisher.

Résultat

Le recul moyen était de 5,3 mois postopératoires. Soixante-quatre patientes ont été incluses, 42 résections cunéiformes (groupe C) et 22 résections longitudinales (groupe L). Le taux de complication global à 1 mois était de 13 % (n = 8). Dans le groupe C, 14 % (n = 6) des résections se compliquaient et 2 % (n = 9) dans le groupe L. Sept reprises (8 %) avaient été nécessaires : 5 pour désunion (4 dans le groupe C et 1 dans le groupe L) et 2 pour hématome, une dans chaque groupe. Trois (5 %) désunions partielles (moins de 50 %) ont été relevées et ont été laissées en cicatrisation dirigée : 2 (19 %) dans le groupe C et 1 (27 %) dans le groupe L. Les taux de complication entre les 2 techniques n’étaient pas significativement différents.

Conclusion

La désunion cicatricielle postopératoire est la principale complication des nymphoplasties de réduction. Notre taux de complication globale de 13 % est en accord avec la littérature actuelle. La résection cunéiforme tend à se compliquer plus fréquemment que la résection longitudinale. »

Les avis des experts sont néanmoins assez divergents

Gary J. Alter est un auteur américain très expert en matière de chirurgie intime; il s’y intéresse depuis fort longtemps !

Commentary on: The Safe Labiaplasty: A Study of Nerve Density in Labia Minora and Its Implications) : il écrit le 29 mars 2016 : la préservation des nerfs sensitifs n’est en rien une garantie de jouissance féminine préservée, car celle-ci est multifactorielle ! Par contre les cicatrices douloureuses liées aux malfaçons, les erreurs techniques avec modifications de l’anatomie péri clitoridienne sont des sources de douleurs préoccupantes et doivent être réparées.

« This paper is reassuring that the nerve supply to the labia minora is preserved in most mainstream conservative labiaplasty techniques. However, it does not state whether labia minora presence is a significant aspect of female sexual gratification, and I do not know of any study that clarifies labial sensory significance. Female sexual gratification is almost certainly due to many factors including stimulation of the clitoris, clitoral frenula, and internally to the vagina and G-spot. In addition, patient confidence and comfort in appearance psychologically affects sexuality. »

I have performed thousands of central wedge labiaplasties, often combined with clitoral repositioning, clitoral hood reduction, clitoral reductions, and labia majora reductions. I have not had patients complaining of loss of sensation or sexual satisfaction ». « . However, we do not know if decreased or eliminated sensation of the labia minora by total amputation either unintentionally, or intentionally with the “Barbie look,” really makes a significant effect on sensation and orgasm and, thus, sexual gratification. »

« From what I have seen, safety with labiaplasties is most dependent on the skill and technique of the surgeons. The poor outcomes and causes need to be studied. Unfortunately, too many untrained or cavalier surgeons are performing labiaplasties without understanding the side effects or potential life-damaging complications. The surgeon must be aware of the potential failings of his procedure and use meticulous technique to perform it. Otherwise, severe pain and sexual and orgasmic difficulties can occur. »

Indications et contrindications de la labiaplastie

Certains auteurs très conservateurs s’élèvent avec fougue contre toute cette chirurgie intime jugée anormale, voire scandaleuse ; c’est le cas du sexologue G.ZWANG, et de bien d’auteurs auteurs non médecins qui s’expriment dans des forums dédiés et par des blogs incendiaires !

Exemple « Touche pas à mon sexe », de Gérard Zwang concernant à l’occasion de son livre « touches pas à mon sexe »en 2013, analysé par T.Savatier :

« Touche pas à mon sexe » est dernier opus de Gérard Zwang (J.-C. Gawsewitch Editeur, 224 pages, 17,90 €), sous-titré « Pour en finir avec les massacreurs de l’intimité féminine ». Le sous-titre n’a pas ici comme seule utilité de préciser le contenu du livre ; il permet d’éviter toute confusion avec l’opuscule éponyme récemment publié par la très catholique et cathodique Frigide Barjot. Il n’y a en effet rien de commun entre l’érudition teintée d’une touche volontiers polémique qui caractérise l’essai du docteur Zwang et l’indigence intellectuelle de la plaquette de 29 pages écrite par la passionaria des papegots, qui relève du simple coup marketing.

Depuis la sortie en librairie, en 1967, de son ouvrage Le Sexe de la femme (récemment réédité et dont il fut question dans ces colonnes), Gérard Zwang continue, si tant est que le sujet permette cette expression, de creuser son sillon. Touche pas à mon sexe se présente donc comme un vibrant plaidoyer en faveur du sexe féminin pris dans son état naturel et, parallèlement, comme un violent réquisitoire, souvent soutenu par un humour grinçant, contre les phénomènes de mode et les pratique religieuses ou tribales qui viennent s’y attaquer.

L’auteur part d’un constat : « La vulve a ainsi subi, subit plus que toute autre partie du corps humain, et de façon préférentielle, les agressions les plus stupides, mais aussi les plus sauvages et les plus barbares. Et depuis longtemps. Pas loin de deux millénaires. » Au fil des chapitres, Gérard Zwang dénonce en premier lieu les religions qui, au nom de l’idéal ascétique et d’une conception patriarcale de la société, tentent par la superstition et la coercition, de régenter et limiter la fonction érotique en imposant des « systèmes moraux répressifs de la sexualité ». Puis il s’attaque à l’épilation, dont il rend la mode des strings brésiliens en grande partie responsable depuis les années 1980 et dans laquelle il voit le signe d’un néo puritanisme. Mais il mène aussi la charge contre les piercings, les incrustations et même une désodorisation intime, signe d’un hygiénisme forcené.

D’autres modifications du sexe féminin font encore l’objet de son ire, à commencer par les opérations des « réformateurs de vulve », en d’autres termes certains chirurgiens esthétiques (pratiquant notamment la nymphoplastie), lesquels sont accusés de faire fortune en voulant répandre une « morphologie vulvaire stéréotypée ». Sans doute l’auteur se montre-t-il sur ces points très radicaux, puisqu’il ne prend pas en compte, dans le cas de l’épilation ou des piercings, par exemple, une décision réfléchie de la femme de modifier son corps comme elle l’entend, indépendamment de toute pression sociale ou de tout caprice masculin. En revanche, on ne peut que le suivre lorsqu’il met en lumière la barbarie des mutilations sexuelles. »

D’autres prises de position très militantes contre la chirurgie intime féminine sont publiées dans différents médias :

« Previous article in issue: FOR: Cosmetic vulvar surgery is a safe and effective option for our patients

Next article in issue: AGAINST: The social vulnerability and cultural view of women as sex objects needs to end, View issue TOC, May 2014 ,BJOG debate

« AGAINST: Labiaplasty is an unnecessary cosmetic procedure;Authors=Sarah Creighton,First published: 17 April 2014:

The escalating demand for labiaplasty is unexplained by any proven change in labial size or pathology. Without exception, the aim of surgery is to make the labia minora less visible—an aesthetic that matches the homogeneous vulval appearance promoted in the mass media and advertisements for labiaplasty. As a cosmetic procedure, is labiaplasty necessary, and if so for what?

The labial sizes of women seeking and not seeking labiaplasty are the same (Crouch et al. BJOG2011;118:1507–10) and physical health is not dependent on smaller labia. However, is labiaplasty necessary for mental health? A recent study suggests that labial dissatisfaction does not increase the risks for depression or anxiety (Veale et al. Psycholog Med 2013;) although labial dissatisfaction may be associated with avoidance behaviours in some women. There are effective non-surgical methods for helping people to overcome avoidance in far more challenging circumstances. A recent analysis of internet marketing for labiaplasty by Liao et al. (BMJ Open 2012;2:e001908) found unsubstantiated claims for physical, psychological and sexual benefits on every website studied. Far from reassuring girls and women about healthy genital variability, surgeons are active participants in distorting the norms in ways that can undermine vulval confidence and put pressure on women to modify their vulva.

Perhaps labiaplasty is merely a harmless lifestyle choice in our consumerist society? After all, how adult men and women spend their income is regarded as a matter of personal preference. However, labiaplasty is far from risk free. Although outcome studies are scarce, short-term risks have been reported and include wound dehiscence. Advertisements for revision operations to salvage poor surgical outcomes of previous labiaplasty exist (Braun J Women’s Health 2010;19:1393–407). Long-term risks such as dissatisfaction with appearance, scarring, loss of sexual sensation and an increased risk of perineal trauma during vaginal delivery have been raised but not evaluated. Children whose physical development is incomplete are especially at risk of harm by irrevocable surgery.

If one day labiaplasty could be proven harmless, is it beneficial? Despite the enthusiasm reflected in some rather evangelical claims of myriad advantages including ‘better career prospects in advertising, sport and modelling’, (Liao et al. BMJ Open 2012;2:e001908), few providers acknowledge that there are no independent, reliable data on its long-term efficacy in addressing physical, psychological or sexual concerns (Braun J Women’s Health 2010;19:1393–407). There are barriers to the collection of reliable long-term data as women without post-surgical problems may wish to forget about the unhappy episode, and women with problems are likely to present to a different provider for revision. These barriers may well have contributed to the kind of distorted confidence found in some providers (Liao et al. BMJ Open2012;2:e001908).

Labiaplasty is an unnecessary cosmetic procedure that does not address the underlying social reasons that give rise to female body insecurities. Instead of joining the band wagon, it is in doctors’ gift to make a real societal contribution by educating the world about the diversity of vulval appearance and its compatibility with psychological and sexual health and wellness.”

J’ai retrouvé une bonne analyse qui synthétise le problème de la place de la labiaplastie dans la société contemporaine, à méditer :

« Female genital cosmetic surgery: a review of techniques and outcomes Cheryl B. Iglesia & Ladin Yurteri-Kaplan & Red Alinsod

Published online: 22 May 2013 # The International Urogynecological Association 2013

Abstract “The aesthetic and functional procedures that comprise female genital cosmetic surgery (FGCS) include traditional vaginal prolapse procedures as well as cosmetic vulvar and labial procedures. The line between cosmetic and medically indicated surgical procedures is blurred, and today many operations are performed for both purposes. The contributions of gynecologists and reconstructive pelvic surgeons are crucial in this debate. Aesthetic vaginal surgeons may unintentionally blur legitimate female pelvic floor disorders with other aesthetic conditions. In the absence of quality outcome data, the value of FGCS in improving sexual function remains uncertain. Women seeking FGCS need to be educated about the range and variation of labia widths and genital appearance, and should be evaluated for true pelvic support disorders such as pelvic organ prolapse and stress urinary incontinence. Women seeking FGCS should also be screened for psychological conditions and should act autonomously without coercion from partners or surgeons with proprietary conflicts of interest. Keyword Female genital cosmetic surgery . Cosmetic gynecology . Vaginal rejuvenation . Labiaplasty . Vaginoplasty Introduction Consumer marketing and media hype have spawned the considerable controversy over female genital cosmetic surgery (FGCS). FGCS articles first appeared in North American journals in 1978, and the first technical article appeared in 1984 [1, 2]. This review describes the techniques and outcome data of labiaplasty, vaginoplasty, and other cosmetic gynecological procedures. Female genital perceptions Women seek FGCS for both aesthetic and functional reasons including pain with intercourse or sports, vulvar irritation, chafing, and discomfort”

Quelle place de la labiaplastie chez les très jeunes filles ?

Du fait de l’accroissement exponentiel de la demande, surtout aux Etats Unis, il parait intéressant de se référer à un article de sociologue sur la perception de leur vulve par les jeunes filles :

« Everything’s neatly tucked away’: young women’s views on desirable vulval anatomy

Calida Howarth, Jenny Hayes, Magdalena Simonis & Meredith Temple-Smith

Pages 1363-1378 | 26 Apr 2016, Published online

Résumé

Dans le contexte d’une demande d’interventions cosmétiques en chirurgie génitale augmentant rapidement et de l’absence de littérature dans ce domaine, nous avons examiné les connaissances des jeunes femmes sur l’anatomie vulvaire et les sources de l’information anatomique. 21 entretiens semi-structurés ont été conduits dans une institution de l’enseignement supérieur avec des jeunes femmes âgées de 18 à 28 ans. Ces entretiens ont permis d’explorer les connaissances des participantes sur l’anatomie génitale « normale » et « idéale » et d’examiner comment ces perceptions étaient construites. Les entretiens ont été enregistrés et transcrits, et leur analyse a permis d’identifier 6 thèmes majeurs et 30 sous-thèmes. L’étude a révélé que les femmes étaient nombreuses à ne pas être certaines de ce qui constituait l’anatomie génitale féminine normale. Peu de femmes savaient à quelle partie génitale le mot vulva renvoyait. Toutes les participantes ont désigné, sur une photographie, des parties génitales féminines dépourvues de poils et sans labia minora visibles comme « l’idéal » sociétal, et ont reconnu avec force la nécessité de ressources éducatives appropriées. L’accès à des ressources montrant la diversité de l’anatomie génitale normale pourrait être bénéfique aux jeunes femmes. Les résultats laissent entendre que les médecins qui reçoivent des demandes d’interventions cosmétiques en chirurgie génitale devraient examiner comment leurs patientes comprennent leur propre anatomie et ce qu’elles croient pouvoir obtenir avec la chirurgie. Il se pourrait que certaines jeunes femmes aient juste besoin d’être rassurées quant à leur normalité. Les résultats de cette étude pourraient contribuer au développement de matériel éducatif destiné aussi bien aux professionnels de santé qu’aux jeunes. »

Le développement facilité par internet des images pornographiques est accusé, par nombre d’auteurs sociologues, comme le modificateur essentiel des critères de « normalité » en ce qui concerne l’aspect intime des organes génitaux ; en témoigne un article récent sur l’influence de la pornographie sur la perception des organes génitaux de la jeune femme :

« Labiaplasty and pornography: a preliminary investigation: Bethany Jones et al. Porn Studies, Published online: 13 Jan 2015:Validation of genital appearance satisfaction scale and the cosmetic procedure screening scale for women seeking labiaplasty »

Conclusion

Mouvement inexorable ou mode transitoire, la chirurgie intime connait un essor sans précèdent; les gynécologues partagent avec les plasticiens le rôle d’acteurs du bistouri dans ce domaine très discuté sinon contesté par une cohorte de bien-pensants très hostiles à ces opérations considérées comme mutilantes ou inappropriées; pourtant les patients demandeuses son t’en général très satisfaites et signalent une amélioration de la qualité de leur vie quotidienne.

Comme toujours, c’est la recherche des bonnes indications qui prime, avec une grande méfiance à opposer aux demandes des mineures, influençables par les images visibles sur des sites pornographiques.

Ainsi la meilleure technique est celle que chacun maitrise le mieux en fonction de son expérience passée!

Bibiliographie

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