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Solitude au bloc opératoire

20 novembre 2019
le docteur vladimir mitz au bloc opératoire
Solitude au bloc opératoire

Le chirurgien esthétique éprouve une grande solitude

En cette période troublée où la gestion nationale des problèmes de santé en France laisse à désirer et ressemble à une déroute économique, il me paraît opportun de rappeler la grande solitude du chirurgien en salle d’opération en dépit de la présence de l’ anesthésiste, d’infirmières diplômées (IBODE), des aides opératoires et autres intervenants occasionnels.

Nous sommes seuls à tenir le bistouri, en fin de compte, même si un robot venait à s’intercaler entre la chair fragile du patient et nous. Ce n’est pas un jeu que d’opérer un être humain ni une partie de simulateur. Les avocats guettent nos ratés plus ou moins allégués par des patients habitués maintenant à la Google instantanéité.

L’impact négatif d’une éprouvante contrainte administrative

Les formulaires, procédures, checklists sont là pour éviter que nous fassions des erreurs grossières, mais tout autour des microbes et virus sont aux aguets comme des chasseurs de proie au cours d’un safari Africain! Les infections “nosocomiales” sont une menace permanente malgré des gestes de désinfections tatillons et tenant d’une véritable mythologie de la prévention!

La chirurgie esthétique réussie dépend des mains expertes et d’une bonne indication opératoire

En plus de la dextérité indispensable pour ouvrir prestement , opérer efficacement , recoudre joliment, il faut assurer une présence humaniste avant l’intervention, faire les bons choix techniques, absorber la courbe d’apprentissage et assumer les échecs post opératoires, décider les reprises opératoires parfois en urgence, rassurer les familles et rétablir la confiance en lui même et en nous d’un patient très méfiant devant les structures branlantes de notre système de soins.

La rémunération des actes médicaux et chirurgicaux est notoirement  sous estimée par les pouvoirs publics

Le volet économique est désastreux, car les rémunérations qui faisaient autrefois la position d’un chirurgien et de son équipe n’ont pas été réellement réévaluées depuis 50 ans!

De notable autrefois, le chirurgien est devenu vulgaire prestataire de service , impliqué dans toute mauvaise évolution post opératoire , qu’on qualifie alors de conséquence d’un manque d’information préalable ou d’une perte de chance, ou de non respect du rapport bénéfice risque;

La chirurgie esthétique reste attractive en France où elle offre un espace de liberté et de dialogue

Néanmoins beaucoup de collègues chirurgiens de toute spécialité partent en retraite dès que possible, harassés de soucis qu’ils ne désirent plus assumer.

Pour ma part je continue d’opérer, car la chirurgie réparatrice et esthétique a ceci de particulier qu’elle concilie le désir de beauté et de grâce avec une nécessaire virtuosité technique qui en font une spécialité unique n son genre.